Vue d'ensemble d'un espace de bureau moderne avec équipements d'impression professionnels
Publié le 12 mars 2024

La majeure partie de la facture électrique de votre parc d’imprimantes est générée pendant que les machines sont inactives.

  • La consommation en mode veille, ou « consommation fantôme », peut représenter jusqu’à 80% du coût énergétique total d’un copieur.
  • Le choix de la technologie est un arbitrage crucial : une imprimante jet d’encre professionnelle consomme annuellement jusqu’à 5 fois moins qu’un modèle laser équivalent.

Recommandation : Initiez un audit de performance énergétique implacable de votre flotte, en ciblant en priorité les paramétrages de veille et les technologies les plus énergivores.

En tant que Responsable de l’Environnement de Travail, vous êtes en première ligne. La direction exige une réduction de 15% de la facture électrique du bâtiment, et chaque kilowattheure compte. Vous avez optimisé l’éclairage, isolé ce qui pouvait l’être, mais un poste de dépense majeur reste dans l’ombre : le parc d’imprimantes et de copieurs multifonctions. Un pôle de consommation silencieux, fragmenté et souvent sous-estimé. Les conseils habituels, comme l’impression recto-verso ou l’achat d’équipements labellisés, sont un point de départ, mais ils ne s’attaquent qu’à la partie visible de l’iceberg.

La réalité est plus complexe et bien plus coûteuse. La véritable hémorragie financière ne provient pas des pages imprimées, mais des longues heures d’inactivité, des configurations par défaut et des technologies thermiques qui continuent de consommer, même éteintes. La question n’est plus de savoir s’il faut agir, mais comment transformer une gestion de surface en un audit de performance énergétique chirurgical. Et si la clé n’était pas de moins imprimer, mais d’imprimer plus intelligemment en traquant chaque watt gaspillé ?

Cet article n’est pas une liste de conseils génériques. C’est un protocole d’audit. Nous allons disséquer, point par point, les gisements d’économies cachés dans votre parc d’impression. Nous quantifierons l’impact de chaque paramètre, comparerons les technologies sur la base de leur consommation annuelle et dénoncerons les fausses bonnes idées qui coûtent cher. L’objectif : vous fournir un plan d’action chiffré pour atteindre, et dépasser, vos objectifs de réduction des coûts.

Pour structurer cette analyse et vous guider pas à pas dans votre audit, cet article est organisé autour des principaux leviers d’optimisation. Le sommaire ci-dessous vous permettra de naviguer directement vers les points d’investigation les plus critiques pour votre situation.

Pourquoi 60% de la consommation électrique de votre photocopieur se produit pendant ses nuits d’inactivité ?

Le principal coupable de la surconsommation de votre parc d’impression n’est pas l’acte d’imprimer, mais l’attente. La consommation électrique en mode veille, souvent appelée consommation « fantôme », est le poste de dépense le plus important et le plus sournois. Un copieur multifonction moderne, même lorsqu’il ne produit aucune page, maintient de nombreux systèmes sous tension : la carte réseau pour rester joignable, la mémoire vive, les capteurs et, dans le cas des technologies laser, une unité de fusion maintenue à une température minimale pour garantir une reprise rapide. Cette veille permanente a un coût exorbitant.

Les chiffres sont sans appel. Des mesures précises révèlent un constat alarmant : la consommation en veille peut représenter une part écrasante de la consommation totale d’un appareil. En effet, selon une analyse de l’Ademe, cette consommation passive est loin d’être négligeable. Pour un photocopieur standard, on estime que près de 80% de sa consommation électrique totale se produit en dehors des heures d’utilisation active. Multipliez ce chiffre par le nombre d’appareils dans votre ETI et par les 365 nuits et week-ends de l’année, et vous obtenez une hémorragie financière invisible qui pèse lourdement sur votre bilan énergétique.

Cette consommation fantôme n’est pas une fatalité, mais le symptôme d’un paramétrage par défaut, optimisé pour le confort de l’utilisateur et non pour la performance énergétique. La première étape de votre audit consiste donc à quantifier ce gaspillage pour prendre conscience de l’ampleur du gisement d’économies qui se trouve à votre portée.

Comment configurer l’hibernation profonde de l’imprimante sans perturber la réception automatique de vos fax matinaux ?

Face à la consommation fantôme, le premier réflexe est d’activer les modes d’économie d’énergie. Cependant, une configuration trop agressive peut se heurter aux besoins opérationnels, comme la réception ininterrompue de fax, même en pleine nuit. L’enjeu est de trouver l’arbitrage parfait entre économie et performance. La plupart des imprimantes professionnelles proposent plusieurs niveaux de veille : une veille légère qui éteint l’écran, et une veille profonde (ou hibernation) qui coupe l’alimentation de la majorité des composants, à l’exception du module de communication essentiel (fax/réseau).

La clé réside dans une configuration granulaire. Plutôt que d’appliquer un réglage unique, il faut définir des politiques énergétiques par appareil ou par groupe d’appareils. Pour une imprimante multifonction critique qui doit recevoir des fax 24/7, la veille profonde peut être programmée pour s’activer uniquement le week-end, tandis qu’une veille légère avec un délai court sera utilisée en semaine. Pour les imprimantes de service, qui n’ont pas cette contrainte, une politique d’hibernation agressive après 15 minutes d’inactivité et une extinction complète programmée de 20h à 7h est la norme à implémenter.

L’exploration des menus de configuration de vos appareils est une étape non négociable de votre audit. Derrière une interface souvent austère se cachent des dizaines de kilowattheures d’économies potentielles. Il est impératif de documenter les réglages optimaux et de les déployer sur l’ensemble du parc concerné pour systématiser les gains.

Plan d’action pour un paramétrage énergétique optimal

  1. Inventaire des points de contact : Listez tous les appareils du parc et identifiez leurs fonctions critiques (réception de fax, scan vers e-mail, etc.) qui nécessitent une connectivité permanente.
  2. Audit des configurations existantes : Accédez à l’interface de chaque modèle d’imprimante et documentez les délais de mise en veille légère et profonde actuellement en place.
  3. Définition des politiques de cohérence : Établissez des profils-types (ex: « Critique 24/7 », « Bureau Standard », « Faible Usage ») avec des délais de veille et des plages d’extinction automatique alignés sur les besoins réels.
  4. Analyse de l’impact utilisateur : Avant un déploiement global, testez les nouveaux réglages sur un petit groupe d’appareils et mesurez l’impact sur le confort des collaborateurs pour valider l’équilibre performance/économie.
  5. Déploiement et suivi : Appliquez les nouvelles politiques sur l’ensemble du parc et planifiez une vérification trimestrielle pour vous assurer que les configurations n’ont pas été modifiées.

Imprimante jet d’encre professionnelle à froid ou laser thermique : laquelle consomme réellement le moins de kilowatts annuels ?

Le deuxième pilier de votre audit est le choix technologique. Sur le marché professionnel, deux technologies s’affrontent : le laser et le jet d’encre. D’un point de vue énergétique, leur différence est colossale et constitue un levier d’économie majeur. La technologie laser repose sur un processus thermique : un « four » (l’unité de fusion) chauffe à près de 200°C pour fixer le toner sur le papier. Ce préchauffage est extrêmement énergivore, que ce soit au démarrage ou en sortie de veille.

À l’inverse, la technologie jet d’encre professionnelle moderne, notamment celle utilisant des têtes d’impression à froid (type PrecisionCore), n’a pas besoin de chauffer. L’encre est projetée sur le papier par des impulsions piézoélectriques. L’absence de four se traduit par une consommation en fonctionnement radicalement inférieure. Une étude publiée par Alpiq en 2024 est formelle : en moyenne, une imprimante laser consomme environ 5 fois plus de kWh qu’une imprimante jet d’encre. Sur un parc de plusieurs dizaines de machines, cette différence représente une économie de plusieurs milliers d’euros par an sur votre facture électrique.

L’analyse comparative des consommations annuelles moyennes, qui inclut les phases de fonctionnement et de veille, confirme cet écart de manière implacable. Les données issues de campagnes de mesure permettent de quantifier précisément l’impact de chaque technologie.

Comparaison de la consommation énergétique laser vs jet d’encre (source : analyse de données agrégées)
Type d’imprimante Puissance en fonctionnement Consommation annuelle moyenne
Imprimante laser (A4) 278 W 159 kWh
Imprimante à jet d’encre (A4) 53 W 60 kWh

Ce tableau, basé sur une analyse comparative des technologies d’impression, illustre que le choix d’une flotte jet d’encre peut diviser la consommation électrique par un facteur de 2.5, voire plus. Lors du renouvellement de votre parc, la consommation annuelle en kWh doit devenir un critère de décision aussi important que le coût d’acquisition ou le coût à la page.

L’erreur fatale de débrancher physiquement la prise murale de l’imprimante le soir, empêchant ses cycles de nettoyage automatiques

Dans la quête de la réduction absolue de la consommation, une idée reçue tenace consiste à débrancher physiquement les imprimantes chaque soir. Cette pratique, qui semble logique, est en réalité une erreur stratégique coûteuse, en particulier pour les modèles à jet d’encre. En coupant totalement l’alimentation, on empêche l’appareil de réaliser ses cycles de maintenance préventive automatiques. Ces micro-cycles, programmés par le fabricant, consistent à purger une infime quantité d’encre pour maintenir les têtes d’impression humides et éviter qu’elles ne sèchent et ne se bouchent.

Lorsqu’une imprimante est brutalement débranchée puis rebranchée le lendemain, elle détecte un arrêt non contrôlé. Par sécurité, elle lance alors un cycle de nettoyage beaucoup plus profond et intensif pour s’assurer que les buses sont parfaitement fonctionnelles. Ce cycle de « nettoyage de tête » forcé consomme une quantité d’encre significativement plus importante que tous les micro-cycles de veille réunis. Au final, l’économie électrique marginale réalisée en débranchant l’appareil est annulée, voire largement dépassée, par le surcoût lié au gaspillage d’encre. De plus, ces cycles intensifs répétés peuvent entraîner une usure prématurée des composants.

Étude de cas : L’impact du débranchement sur le coût total de possession

Une analyse du comportement des imprimantes jet d’encre montre que si la veille ne consomme pas d’encre, chaque sortie de veille ou redémarrage après une coupure de courant déclenche un « self test » qui, lui, en consomme. Empêcher les cycles de maintenance optimisés en veille par un débranchement sauvage force l’appareil à effectuer des purges massives au redémarrage, gaspillant ainsi les consommables et réduisant la durée de vie des cartouches et des têtes d’impression.

Même lorsque l’interrupteur de l’appareil est sur « Off », une consommation résiduelle persiste pour maintenir les paramètres internes. Comme le souligne une publication d’un guide spécialisé en énergie :

Peu d’imprimantes ne consomment pas d’électricité une fois éteintes avec leur interrupteur.

– energie-environnement.ch, Guide sur les imprimantes

La conclusion est sans appel : la bonne pratique n’est pas de débrancher, mais de s’assurer que les modes de veille profonde et d’extinction programmée sont correctement configurés. C’est la seule méthode qui garantit à la fois des économies d’énergie et la préservation de l’intégrité du matériel.

Quel délai de mise en veille paramétrer pour équilibrer économie électrique maximale et confort immédiat de vos utilisateurs ?

Une fois la décision prise d’utiliser systématiquement les modes veille, la question suivante se pose : quel délai configurer ? Une minute ? Quinze minutes ? Une heure ? Il s’agit d’un arbitrage délicat entre la maximisation des économies d’énergie et le maintien d’un confort d’utilisation optimal pour les collaborateurs. Un délai trop court peut devenir une source de frustration : l’utilisateur qui lance une impression doit attendre la sortie de veille de l’appareil, une attente qui, multipliée par des centaines de fois par jour à l’échelle de l’entreprise, a un coût en productivité.

À l’inverse, un délai trop long annule les bénéfices de la mise en veille, car l’imprimante restera en mode de consommation élevée pendant de longues périodes d’inactivité entre deux impressions. La solution se trouve dans l’analyse des usages. Pour les imprimantes partagées à fort trafic (celles situées près des open spaces), un délai de mise en veille légère de 5 à 10 minutes, suivi d’une veille profonde après 30 minutes, est un bon compromis. Pour une imprimante de bureau individuel, un délai beaucoup plus court (1 à 5 minutes) est justifié.

L’objectif est d’aligner le cycle énergétique de l’appareil sur le rythme de travail réel de l’entreprise. L’extinction complète des équipements en dehors des heures de bureau reste le levier le plus puissant. En programmant l’arrêt et le redémarrage automatique de l’ensemble du parc, l’impact est massif. L’organisme Carbon Trust estime que l’on peut réduire la consommation énergétique d’une imprimante jusqu’à 75% simplement en s’assurant qu’elle est éteinte la nuit et les week-ends. La configuration de ces minuteries doit être la priorité absolue de votre audit.

Cet équilibre, une fois trouvé, doit être formalisé dans une charte d’impression et de bonnes pratiques énergétiques, communiquée à l’ensemble des collaborateurs pour les sensibiliser à l’importance de ces réglages.

Pourquoi 20% des documents imprimés dans les bureaux français finissent à la poubelle le soir même sans jamais avoir été lus ?

L’audit énergétique ne peut se limiter à la machine ; il doit inclure l’usage. Le gaspillage de papier est le symptôme d’un problème plus profond qui a un impact direct sur la consommation électrique. Chaque page imprimée inutilement a consommé de l’électricité pour être produite. Selon une étude de l’ADEME, un salarié français consomme en moyenne entre 70 et 85 kilos de papier par an, un volume colossal. Une part significative de ces impressions est qualifiée d' »impressions orphelines » : des documents lancés, imprimés, mais jamais récupérés sur le copieur et qui finissent directement à la poubelle lors du passage du personnel de nettoyage.

Ce phénomène, qui peut représenter jusqu’à 20% des volumes, est une pure perte : perte de papier, perte d’encre ou de toner, et surtout, perte d’énergie. Lutter contre ce gaspillage est un levier d’économie double. La solution la plus efficace est le déploiement de systèmes d’impression sécurisée par badge. L’impression n’est physiquement lancée que lorsque l’utilisateur s’identifie sur l’appareil. Ce système simple a plusieurs vertus :

  • Élimination des impressions orphelines : Seuls les documents réellement nécessaires sont imprimés.
  • Confidentialité accrue : Les documents sensibles ne restent plus à la vue de tous sur le bac de sortie.
  • Responsabilisation des utilisateurs : La nécessité de badger incite à réfléchir à deux fois avant de lancer une impression de 500 pages.

En parallèle, la systématisation de l’impression recto-verso par défaut est une mesure complémentaire simple et efficace. Une étude de Gartner a montré que cette pratique seule pouvait réduire la consommation de papier de près de 30%. Moins de papier utilisé signifie moins de cycles machine, et donc moins d’énergie consommée sur le long terme. L’audit des usages est donc indissociable de l’audit technique de votre parc.

Pourquoi l’achat d’une imprimante à réservoirs rechargeables divise vos coûts à la page par dix sur 3 ans ?

Si l’audit énergétique se concentre sur les kWh, une vision stratégique en tant que Facility Manager impose d’élargir l’analyse au coût total de possession (TCO). Sur ce point, une innovation change radicalement la donne : les imprimantes à réservoirs d’encre rechargeables. Le modèle économique traditionnel des imprimantes repose sur la vente d’appareils peu chers et de consommables (cartouches) à forte marge. Les imprimantes à réservoirs inversent ce paradigme : l’investissement initial est légèrement plus élevé, mais le coût des consommables est drastiquement réduit.

Plutôt que de remplacer une cartouche contenant quelques millilitres d’encre, l’utilisateur remplit directement les réservoirs de l’imprimante à l’aide de bouteilles d’encre haute capacité. L’impact sur le coût à la page est spectaculaire. Alors qu’une page de texte imprimée avec une cartouche standard peut coûter entre 15 et 31 centimes d’euro, le coût avec un système à réservoirs tombe à 1 ou 2 centimes. C’est une division du coût par un facteur de 10 à 15.

L’autonomie offerte par ces systèmes est également un avantage opérationnel majeur, réduisant la fréquence des interventions de maintenance et les ruptures de stock de consommables.

Comparaison du coût par page et de l’autonomie (source : analyse Test-Achats)
Type d’imprimante Coût par page (texte) Autonomie
Jet d’encre avec cartouches 0,15 à 0,31 € 100 à 1 500 pages
Jet d’encre avec réservoirs 0,01 à 0,02 € 6 000 à 14 000 pages
Laser Variable selon volume 1 000 à 15 000 pages

Combiner la technologie jet d’encre à froid (pour les économies d’énergie) avec un système de réservoirs rechargeables (pour les économies de consommables) permet de s’attaquer aux deux plus grands postes de dépenses de votre parc d’impression. C’est un choix stratégique qui a un impact direct et massif sur votre budget de fonctionnement sur un cycle de renouvellement de 3 à 5 ans.

À retenir

  • La consommation en veille (« fantôme ») représente jusqu’à 80% de la facture électrique d’un copieur, ce qui en fait la cible prioritaire de tout audit énergétique.
  • La technologie jet d’encre professionnelle à froid consomme jusqu’à 5 fois moins d’énergie annuellement qu’une technologie laser thermique équivalente, en raison de l’absence de préchauffage.
  • Le débranchement physique des imprimantes est une erreur coûteuse qui empêche les cycles de maintenance, entraînant un gaspillage d’encre et une usure prématurée du matériel.

Comment les modes d’économie d’énergie intelligents de vos copieurs anticipent les besoins de vos collaborateurs ?

L’étape ultime de l’optimisation consiste à automatiser les économies grâce aux fonctionnalités intelligentes des copieurs modernes. Les fabricants intègrent désormais des technologies qui vont au-delà des simples minuteries de mise en veille. Ces systèmes « intelligents » apprennent des habitudes de l’entreprise et anticipent les besoins pour minimiser la consommation sans jamais nuire à la productivité. Votre audit doit donc également évaluer le potentiel de ces fonctionnalités avancées sur votre parc existant ou futur.

Parmi les innovations les plus impactantes, on trouve les capteurs de mouvement ou de proximité. L’imprimante reste en veille profonde et ne sort de cet état que lorsqu’un utilisateur s’approche physiquement de l’appareil. La sortie de veille est ainsi déclenchée juste avant le besoin, réduisant les temps d’attente perçus tout en maximisant la durée passée en mode ultra-basse consommation. D’autres systèmes analysent les pics d’utilisation au fil de la journée et de la semaine pour adapter dynamiquement les délais de mise en veille.

Ces technologies permettent de résoudre l’équation complexe de l’équilibre entre économie et confort. Elles rendent la performance énergétique transparente pour l’utilisateur. La machine s’adapte à l’humain, et non l’inverse. L’intégration avec des solutions de numérisation vers le cloud ou des systèmes d’impression sécurisée par badge complète cet écosystème vertueux, où chaque action est optimisée non seulement pour la sécurité et l’efficacité, mais aussi pour son impact énergétique. L’audit de votre parc doit comporter un volet « potentiel d’intelligence » pour identifier les appareils à mettre à niveau en priorité.

Le constat est clair : la gestion de votre parc d’imprimantes recèle des gisements d’économies considérables, bien au-delà des idées reçues. En adoptant la posture d’un auditeur énergétique, en quantifiant chaque poste de dépense et en faisant des choix technologiques et de paramétrage éclairés, vous avez le pouvoir de transformer ce centre de coût en un modèle d’efficacité. Évaluez dès maintenant les solutions et lancez un projet pilote pour matérialiser ces économies et atteindre vos objectifs.

Questions fréquentes sur l’efficacité énergétique des imprimantes

Quelle est la consommation moyenne d’une imprimante en veille ?

La consommation en veille varie énormément selon la technologie et l’âge de l’appareil. Une imprimante laser peut consommer de 5 à 20 watts en veille légère, tandis qu’un modèle jet d’encre moderne peut descendre sous les 1 watt en veille profonde. Sur une année, cette différence représente des dizaines de kWh, d’où l’importance de paramétrer une veille profonde agressive.

Faut-il systématiquement privilégier le jet d’encre au laser en entreprise ?

D’un point de vue purement énergétique, la réponse est oui. La technologie à froid du jet d’encre est intrinsèquement plus sobre. Cependant, le choix dépend aussi des volumes d’impression et des besoins spécifiques. Pour de très hauts volumes, le coût à la page d’un copieur laser peut parfois rester compétitif. L’idéal est de réaliser un calcul de coût total de possession (TCO) incluant l’achat, les consommables ET la consommation électrique sur 3 à 5 ans.

L’impression sécurisée par badge a-t-elle un réel impact sur la consommation électrique ?

Oui, l’impact est indirect mais réel. En éliminant les « impressions orphelines » (documents non récupérés), on réduit le nombre total de pages produites. Chaque page non imprimée représente une économie de papier, d’encre et d’électricité. Sur un grand parc, cette réduction des cycles machine se traduit par une baisse mesurable de la consommation globale.

Rédigé par Élodie Rousseau, Ingénieure chimiste en recherche et développement, Élodie Rousseau est diplômée de l'École Supérieure d'Ingénieurs en Matériaux avec une spécialisation en éco-conception. Forte d'une décennie d'expertise technique au sein des laboratoires de grands constructeurs, elle décortique les formulations d'encres pigmentées et les technologies de fusion laser. Elle travaille à présent comme consultante industrielle pour optimiser la rentabilité et le bilan carbone des parcs de traceurs et d'imprimantes.